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Michèle Mercier

Biographie de Michèle Mercier

Née à Nice d’un père français et d’une mère italienne, Jocelyne Yvonne Renée est une fillette aux cheveux bruns ondulés et au visage rond animé d’un seul rêve : devenir petit rat de ballet. Fuyant la tradition familiale et son empire dans le milieu pharmaceutique et cosmétique, elle intègre l’Opéra de Nice. C’est en ces lieux prestigieux qu’elle rencontre Maurice Chevalier, à la recherche d’une jeune danseuse pour jouer à ses côtés dans J'avais sept filles (1954) de Jean Boyer. Un premier pas à l’écran et de beaux encouragements qui, à 15 ans, ne la font pas se détourner de sa passion première : au sein de la troupe de Laurent Petit, elle monte danser à Paris avant de s’expatrier quelque temps à Londres pour perfectionner son anglais. Là-bas, elle mettra fin à sa carrière de danseuse, suite aux avances déplacées de son nouveau directeur de troupe. De retour à Nice, elle fait, par le biais de son père, la connaissance de Denys de La Patellière et de Michel Audiard, qui lui offrent le rôle d’une soubrette attirante et maladroite dans Retour de manivelle (1957), aux côtés de Daniel Gélin et Michèle Morgan. La jeune fille curieuse accepte de se prêter une fois encore au jeu du grand écran et de changer son prénom pour celui de Michèle, en hommage à Morgan. Un prénom qui s’avère être aussi celui de sa sœur décédée et tant regrettée par ses parents, dès lors ravis de pouvoir le prononcer de nouveau : "Je ne pardonne pas à mes parents leur surprenant abandon de ma personne", confiera-t-elle. "J’en ai longtemps frémi. Du jour au lendemain, je n’étais plus moi, j’étais une autre. Il m’a fallu quelques années pour me dire après tout nous sommes deux maintenant." Elle a alors 18 ans. Grâce à ce rôle, Michèle Mercier attire le regard de la profession: en haut de l’affiche pour Donnez-moi ma chance de Léonide Moguy et La Brune que voilà de Robert Lamoureux, elle la partage avec Romy Schneider et Henri Vidal dans Mademoiselle Ange. Sa discipline et sa rigueur sont saluées par la jeune critique française portée notamment par l’exigeant François Truffaut, chez qui elle campera une prostituée dans Tirez sur le pianiste aux côtés de Charles Aznavour. Elle côtoiera en outre de grands noms du cinéma français, jouant les strip teaseuses non loin de Belmondo dans L' Aîné des Ferchaux de Jean-Pierre Melville, la protégée de Jean Gabin de nouveau sous l’oeil de Denys de La Patellière et de son Tonnerre de Dieu, ou le mannequin dansant dans les bras d’Yves Montand pour Aimez-vous Brahms ? d’Anatole Litvak … Sollicitée alors par Hollywood pour la comédie musicale dont elle rêvait, aux côtés d’Elvis Presley, Michèle Mercier repousse les avances déplacées des producteurs du film et est vite remerciée. C’est en Italie qu’elle connaîtra sa plus grande renommée en même temps que l’amour vrai : déjà en couple avec le trop mystique Gianni Esposito (son premier amour), la "petite Niçoise" s’éprend en 1960 d’André Smagghe, jeune assistant réalisateur des Nuits de Lucrèce Borgia, film de cap et d’épée dans lequel elle campe un second rôle. Suivront des films italiens plus ou moins connus au sein desquels elle imposera son charme et sa légèreté : parmi eux, Les Mille et une nuits de Mario Bava et Les Monstres de Dino Risi aux côtés de Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman. Entre Hollywood où elle essuie les folies dépensières de son mari en tournant pour la MGM aux côtés de Bob Hope (Papa play-boy) et l’Italie où elle se mesure aux stars nationales telles que Gina Lollobrigida ou Sophia Loren, Michèle Mercier s’impose en femme et comédienne de tête.C’est à ce moment charnière qu’elle entend parler par un ami de son père de la saga Angélique, adaptée du roman d’Anne et Serge Colon. Rejeté par Brigitte Bardot et refusé à Catherine Deneuve et Mireille Darc, le rôle de la fameuse Marquise de Monteloup sera dévolu à Michèle Mercier d’emblée séduite, voyant en elle son double : "J’aime cette Angélique, elle me passionne, je la sens dans les fibres de mon être, mieux, je suis Angélique, elle est mon portrait physique, moral, psychologique". Pour camper l’impétueuse héroïne, la belle comédienne refuse Lord Jim, une superproduction hollywoodienne de Richard Brooks, portée par Peter O'Toole. De 1964 à 1967, sous l’égide de Bernard Borderie et pour cinq feuilletons costumés, elle incarnera donc aux côtés de Robert Hossein un idéal de sensualité et d’émancipation à la française, qui marquera à jamais le public et sa carrière. Si son destin professionnel a à ce moment-là tout d’un conte de fée, sa vie personnelle vire au drame : sombrant dans l’alcoolisme, son mari la ruine avant d’être interné pour problèmes psychiatriques. Après avoir épousé Claude Bourrillot en secondes noces, elle repart pour les USA dans l’espoir de s’illustrer en tant que productrice. Extorquée par ce dernier, elle rentrera seule et ruinée.Aboutissement de sa carrière, Angélique offre la gloire à Michèle Mercier, tout en lui fermant paradoxalement les portes du cinéma. Peinant à se défaire de cette image devenue culte, la comédienne se coupera les cheveux et se teindra en brune, variant genre et registre, du film d’action Les Baroudeurs (1970) aux côtés de Charles Bronson et Tony Curtis, à la comédie satirique Opération Macédoine (1971), qu’elle produit. En vain. Si elle exprime sa polyvalence, et notamment ses talents de chanteuse ("La fille qui fait tchic ti tchic" est en outre composé par Serge Gainsbourg) sous la direction de Michel Audiard dans Une Veuve en or, elle désavoue son statut de star avec l’échec d’un film comme Lady Hamilton, remake dans lequel elle prend difficilement la relève de Vivien Leigh. Disparaissant un temps des écrans pour suivre le nouvel amour de sa vie milliardaire et ses enfants, elle n’y reviendra que très ponctuellement à la mort subite de ce dernier, retournant davantage sur les planches, dans les années 80. Sacrée Chevalier dans l’Ordre national des Arts et lettres en 2006, à l’affiche de la série Vénus et Apollon (Vénus et Apollon) en 2009, elle s'illustre en 2011 dans la comédie dramatique Celles qui aimaient Richard Wagner. Elle reste malgré une fin de parcours mineure, l’une des actrices les plus connues du cinéma français, éternelle courtisane audacieuse et sex-symbol des années 60, modèle de concentration et de rigueur, de sincérité et de détermination.Auteur : Laetitia Ratane

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